GATINEAU-SAILLANT
12 juin 2017
TRANSFO
12 juin 2017

HENRI EY

Je reçois l’annonce d’une réédition des œuvres de Henri Ey par le Centre de Recherche et d’Etudes sur Henri Ey, basé à Perpignan, en pleine terre catalane comme il se doit. Ça tombe bien! Il me prenait ces temps-ci une grande envie de me replonger dans ces textes merveilleux qui avaient illuminé toute la période de mon internat et bien au delà. À l’époque, j’avais vraiment bossé les Études, le magistral Traité des Hallucinations n’était pas encore paru. J’en garde le souvenir d’avoir travaillé phrase par phrase, en faisant des fiches et en allant consulter toutes les références bibliographiques. Heureusement, la bibliothèque de Maison Blanche était, avec celle de Sainte Anne, la plus complète, et on y était installé confortablement, bien assis et la vue sur les arbres du parc. Peu fréquentée par les collègues, on y jouissait d’une paix royale. J’y passais des après midi entières. Mes patrons, Jacques Postel y venait souvent, Etienne Trillat y faisait des apparitions, la plupart du temps j’étais seul avec la bibliothécaire…. Enfin, toujours est-il qu’il m’est aujourd’hui impossible de mettre la main sur mes bouquins de Ey. Sont-ils enfouis quelque part dans je ne sais quel carton de livres, attendant patiemment le jour où j’aurai enfin la bibliothèque de mes rêves dont ils pourront venir tapisser les murs à loisir? Se sont-ils perdus au gré des innombrables déménagements qui ont jalonné ma vie (Dieu que les caisses de bouquin sont lourdes à monter dans les étages!)? M’ont-ils été volés, ou plutôt empruntés sans espoir de retour?

Je reçois donc, par mailing associatif, un petit feuillet du CREHEY, annonçant cette re-parution bienvenue des œuvres du Maître. Comme d’habitude, les livres, les bons livres, ça tombe à pic, il suffit de se laisser faire, ça se passe bien, facile, il n’y a qu’à remplir le bulletin joint, faire un chèque du montant, donner le tout à ma secrétaire qui, elle, n’oubliera pas de le poster, et en avant vers de nouvelles aventures!

Ce CREHEY est épatant. Quelques jours après, je reçois ma commande. Magnifique! Tellement, que je ne peste même pas en constatant qu’une erreur de routage fait que je reçois deux exemplaires du premier Tome des Études, et pas de second Tome. Je réexpédie le volume superfétatoire, avec un mot de remerciements disant tout le plaisir que je prends à me replonger dans les travaux du grand Maître. Tant j’ai de bons souvenir de son séminaire de Sainte Anne. Je reçois en retour le fameux Tome 2 accompagné d’un mail charmant du Docteur Patrice Belzeaux, Président du CREHEY qui a relevé l’incise, ajoutant: « Avez vous fait quelque récit écrit de ces rencontres? »

Ah. J’aurais été à mille lieues de penser que mes souvenirs pussent être d’un quelconque intérêt! Tout de même, cela remonte maintenant à un demi-siècle. Et puis à mon âge, lorsqu’il m’est arrivé – il ne m’arrive plus – de me souvenir devant des jeunes collègues, je les entends me dire: « Mais vous n’avez pas pu rencontrer tous ces gens là, d’ailleurs ce ne sont pas des gens, ce sont des livres… » Tout juste ne me prend-on pas pour un farceur, ou un mythomane.

Lagache, par exemple, dont j’ai presque tous les livres quelque part sur mes rayonnages. J’étais allé le voir à son bureau du Boulevard Saint Germain pour lui demander de me prendre en analyse didactique. Lui, parmi bien d’autres. On appelait ça le « tour », « faire son tour », comme autrefois le voyage en Italie des jeunes gens bien élevés, ou même aujourd’hui le « tour » de nos écrivains chenus, auprès de plus chenus encore, pour entrer à l’Académie et devenir enfin immortels (« Mon cher Jean », avait dit Jacques Chirac, en recevant en grandes pompes, en sa Mairie de Paris, mon oncle Jean Foyer, « vous voici immortel: Restez-le le plus longtemps possible… »).

Lagache me reçut avec beaucoup d’aménité, et déclina ma demande avec une extrême courtoisie, alléguant qu’à son âge il ne prenait plus personne en analyse, surtout didactique. À l’époque on ne disait pas encore « analysant », et encore moins le hideux « usager », qui ne devrait pas tarder à envahir aussi ce champ là.

Contrairement à ce que pouvaient raconter certaines méchantes langues, Lagache n’était pas du tout gâteux, du moins pas plus que moi aujourd’hui. Simplement, comme moi aujourd’hui, il avait plus de passé que de futur, plus de souvenirs que d’avenirs. Il me garda gentiment un bon bout de temps, suffisamment pour que sa jeunesse s’accordât à la mienne.

Lui revinrent en mémoire, avec une émotion très visible, les visites qu’il faisait avec Sartre à Ville Evrard pour observer des malades. Peindre des grands fous sur le motif, heureuse école!

On ne va jamais assez fréquenter les grands fous. Et on ne va jamais trop sur le motif.

Mais des émotions olfactives et gustatives vinrent, sinon recouvrir, du moins renforcer le souvenir de ces escapades d’autant plus méritoires qu’elles étaient bénévoles et gratuites, pour la beauté de la Science – qui donc pourrait encore faire cela aujourd’hui, sous la dictature du principe de précaution? – l’évocation des repas en Salle de Garde qui concluaient ces matinées studieuses, et, préparée avec un infini dévouement par le préposé, en règle un malade chronique détaché au service et en particulier à la préparation des repas de Mesdemoiselles et Messieurs les Internes, d’une incomparable matelote d’anguilles, pêchées par lui le matin même dans le canal de la Marne, qui comme chacun sait traverse l’hôpital, puisqu’il est bon et juste qu’un Asile ait son cours d’eau (et lycée de Versailles). La puissance d’évocation du père Lagache était telle que j’ai senti ce jour là le fumet de la matelote, je le jure devant Jupiter, patron des psychiatres (Quos vult Jupiter perdere, prius dementat).

Préposé de Salle de Garde, c’était des fonctions à vie que pour rien au monde on aurait abandonné, c’était aussi un moyen de vivre honorablement à l’Asile, respecté, aimé et protégé par les Internes, c’était aussi une responsabilité vécue comme un honneur insigne et qui dissolvait la maladie mentale dans l’onction culinaire.

Hommage ici soit rendu à notre regrettée Madame Melzac, qui nous régala tant d’années de ses bons petits plats, en Salle de Garde de Maison Blanche.

Le Séminaire, ou plutôt la Présentation de Malades de Henri Ey à Saint Anne n’était pas très couru par les collègues, tout occupés qu’ils étaient déjà par l’analyse all-inclusive.

C’était une cérémonie à grand spectacle, un peu comme une leçon au Collège de France. Salle comble, avec son plein de dames parisiennes chapeautées, de gens de Bonneval, et d’élégants confrères sud-américains.

La règle, mais aussi la plus élémentaire courtoisie, voulait qu’un Interne chaque semaine se prêtât au jeu de la Présentation.

Amoureux des règles qui viennent opportunément encadrer ma psychose, je souscrivis bien volontiers à celle-ci, non sans angoisse, bien entendu.

D’autant plus volontiers que participer à la Présentation constituait sans doute la meilleure préparation à l’épreuve clinique de concours du Médicat des Hôpitaux Psychiatriques, que nous aurions à présenter une fois notre Internat terminé et notre thèse de médecine soutenue.

Sur la scène, face au public, nous avions à examiner, sous l’œil critique et vigilant du Maître, un ou une malade choisi(e) par un médecin assistant dans l’un des services de l’hôpital. Les conditions étaient strictement celles du Médicat, à ceci près qu’en lieu et place du jury se trouvaient et la foule nombreuse et l’immense prestige de Henri Ey nous surplombant de toute la stature des célèbres Études.

Il convenait avant tout de mener publiquement un interrogatoire du patient le plus fouillé possible, anamnèse, histoire du sujet et histoire de la maladie, antécédents, hospitalisations antérieures, contexte familial. Ne pas hésiter, si le besoin s’en faisait sentir, – un lit d’examen était disposé à cet effet sur l’estrade – à procéder à un examen physique à la recherche d’éventuels symptômes somatiques, avec, bien entendu, la hantise permanente de passer à côté d’une affection médicale ou chirurgicale, ce qui nous aurait fauché tout net à l’aube de la carrière.

Examen neurologique en particulier, pour lequel il serait de bon ton de démontrer une certaine virtuosité, non seulement pour déjouer un traquenard toujours possible, mais pour éviter, en salle de garde, les quolibets de nos collègues Internes en Chirurgie, toujours prompts à se gausser de « ces psychiatres qui psychanalysent les tumeurs du cerveau » (bien qu’on pût leur faire la réponse du berger à la bergère, en évoquant les hystériques charcutées sans vergogne).

Bref, il fallait, dans le temps imparti, avoir non seulement procédé à un examen complet, mais encore avoir recueilli le maximum d’éléments pour nourrir l’exposé clinique que nous aurions à faire peu après, face à la salle.

Le temps, c’est le cadre. « L’Art vit de contrainte et meurt de liberté », disait Léonard.

Nous étions donc ensuite, notre temps d’examen terminé, conduits par quelque appariteur dans la « turne », en coulisses, afin d’y préparer cet exposé, tout cependant que le Maître, avec tout l’immense talent que notre angoisse lui prêtait, et que la lecture assidue des Etudes, un de mes livres de chevet, confirmait à l’envie, poursuivrait, devant le public, l’examen clinique, dont il allait, bien entendu, extraire des pépites que nous n’avions point su détecter, ramenant d’avance notre prestation imminente aux vagissements de l’enfant qui vient de naître, à la maladresse et aux lacunes du débutant.

Cette fois là, le malade présenté, un brave homme d’une cinquantaine d’années, parfaitement sympathique et point trop encore aliéné par l’Asile, m’avait paru ne pas devoir poser de problèmes difficiles. Mais je me connais, il faut que je me méfie des tendances toujours résurgentes à la paresse, et de la tentation, fille de l’angoisse, à presser le mouvement, pour en finir, quitte à bâcler un peu.

Donc, je m’appliquai, de tout mon cœur. Devant un tel Maître, comment ne pas se sentir tout petit, comme sur les bancs de l’école primaire, quand, ne sachant pas encore ce qu’est le travail des adultes, et n’imaginant pas qu’on puisse avoir un jour à travailler pour soi, on travaille pour faire plaisir à la maîtresse.

Manifestement nous n’avions affaire, ni à un psychopathe, ni à un pervers, ni même à un névrosé. Pas de trace de psychose aiguë, pas de confusion mentale, ma question à l’oral de l’Internat. Aucun élément en faveur d’une psychose dissociative en évolution, ni même couvant sous la cendre, rien qui puisse évoquer une démence évoluant à bas bruit, de ces démences qualifiées à l’époque, par opposition à la « démence précoce » de la schizophrénie, de « tardives », les démences de Pick et d’Alzeimer, cette dernière semblant, de nos jours, rassembler et résumer la totalité de démences.

On n’a aujourd’hui même plus le droit, dans le grand âge, d’être tout simplement sénile.

Notre malade cet après-midi là, présentait – me semblait présenter – un délire de persécution assez classique agrémenté de multiples hallucinations auditives, olfactives et même intra-psychiques, nourrissant sa conviction absolue que ses voisins de palier, avec la complicité évidente de ceux du dessous (il n’y en avait pas au dessus, il habitait sous les toits), de la concierge et du commissaire de police à qui il était allé se plaindre en vain, le persécutaient, avec l’intention évidente de le faire déménager, d’un chambard de tous les diables, de jour comme de nuit, de bruits étranges n’ayant rien à faire dans un galetas, de coups sur sa porte, d’injures filtrant au travers de la cloison et du plancher, incriminant les mauvaises mœurs maternelles, sa propre homosexualité sodomite ainsi qu’un tas d’autres choses ejusdem farinae.

À cela s’ajoutaient de mauvaises odeurs, très suspectes d’être celles de produits toxiques infiltrés sous sa porte, ou peut-être mêmes introduits dans ses emplettes par la crémière et la marchande des quatre saisons.

D’ailleurs, pour preuve, son chat était décédé dans des conditions pour le moins étranges, de même qu’un couple de perruches qui lui avait succédé.

En descendant l’escalier, notre homme était poursuivi de chuchotis malveillants, la bignole le regardait d’un œil torve, le facteur distribuait du courrier à tout le monde, sauf à lui, le louchebem, de mèche, avait injecté du poison dans le mou du chat, et le commissaire, pourtant réputé bon enfant, l’avait éconduit comme un malpropre, se foutant ostensiblement de sa gueule.

Ajoutons à cela une bonne pincée d’automatisme mental en hommage à Gaëtan de Clérambault, et, bien sûr, du désordre des actes, du raffut, des protestations véhémentes et gueulardes, un passage à l’acte, enfin, ayant motivé l’hospitalisation d’office et justifié l’inscription sur le Registre de la Loi.

Très bordélique moi-même, j’aime l’ordre, la cohérence et la clarté, caractéristiques des délires systématisés chroniques.

Comme l’écrira, quarante ans plus tard, le PDG d’Intel: « Seuls les paranoïaques survivront ».

Je composai donc ma présentation sur ce thème de la psychose paranoïaque, d’un délire hallucinatoire de persécution, un de ces classiques délires de paliers qui pimentent, plus souvent qu’on ne le croit, les relations de voisinage du vieux Paris.

Je dois avouer que j’ai été bon, j’aurais eu certainement une note mieux que convenable à l’épreuve clinique du Concours. L’exposé défilait comme à la parade, récapitulation du contexte familial, professionnel, social et psychologique, histoire du sujet, de son hospitalisation, résumé de l’entretien clinique et des données recueillies, examen physique, anamnèse et son examen critique, discussion soigneuse et documentée de chacun des symptômes mis au jour, élaboration du diagnostic positif, revue au peigne fin de tous les diagnostics différentiels possibles et imaginables, y compris la paraphrénie, la schizophrénie simple, et jusqu’à, mais là, j´exagère un peu, l’hydarthrose des femmes de chambre chère à Jérôme K. Jérôme (« Trois Hommes dans un Bateau »), étude pronostique, enfin, et propositions de traitement.

Tout cependant, toutefois, je ne peux m’empêcher de remarquer, dansant dans l’œil du Maître, une petite flamme dont il m’est impossible de définir dans l’instant si elle est diabolique ou malicieuse. Le pire s’annonce. Tout en parlant, je sens les nuages noirs s’amonceler au dessus de ma pauvre tête. Lorsqu’on en vient à évoquer Dieu ou Diable, c’est qu’un détail échappe. Et dans de telles circonstances, un détail n’est jamais un détail, il prend des dimensions d’énormité. Je n’ai plus que quatre minutes, trois, deux, le ciel va me tomber sur la tête et pourtant il faut bien conclure.

Pile sur le temps, tout de même, c’est déjà ça, l’oral de l’Internat aura au moins servi à quelque chose.

Je conclus donc, déjà penaud. Et remercie le Maître et la salle de m’avoir écouté si patiemment.

Silence.

La Chapelle toute entière est suspendue aux lèvres du Maître.

Qu’est ce que je vais prendre!

Il s’éclaircit la voix d’un léger « hum! », puis commence:

« Eh bien, mon jeune ami, je dois vous féliciter de la qualité de votre examen clinique et de votre exposé », (Oh là là, ça commence très mal, qu’est-ce que ça prépare?) « c’était en tous points remarquable, brillant et complet. Vous devez en remercier vos maîtres dans l’Internat qui vous ont fait profiter de l’excellence de leur enseignement clinique et théorique » (tu parles…. il galèje ou quoi?). « Très complet, encore que, et c’est là que j’aurais sans doute à formuler comme une petite critique, oh rassurez vous, rien de grave…. »

Mais si!… évidemment… « petite critique » vaut par antiphrase, la Catalogne va fondre sur la tête du petit parisien, au demeurant, faut-il l’avouer, même pas parisien, mais mix de vendéen et de mayennais, sentant le choux et la boue du bocage.

Courage, Tuffet, il te faudra donc boire ce calice jusqu’à la lie.

« Oui, voyez vous, même si je dois reconnaître que votre diagnostic différentiel est très bien fait, il me parait qu’il y manque peut-être quelque chose… » (nous y voilà, ça doit être énorme… la catastrophe!). « Ne voyez vous pas? » (Je cherche désespérément, je ne vois rien, sauf que décidément je suis nul, mauvais. Je me sens rougir, je dois avoir l’air idiot)

« Eh bien, poursuit-il plus magistral que jamais, je pense que vous avez omis d’évoquer un diagnostic différentiel qui peut être important et même dans certains cas revêtir une gravité particulière. Voyons, cherchez bien », dit-il, paternel.

J’en suis proprement incapable: paralysé, je fais l’expérience douloureuse de ce qu’on appellera quelques décennies plus tard « l’empêchement de penser ». Ce doit être d’autant plus gros que je ne le vois pas. Décidément la petite flamme était bien du diable.

Il a pitié, il achève mon supplice. Eh bien, qu’on en finisse, que je puisse enfin quitter cette salle, le dos courbé sous les huées et l’opprobre.

« Vous n’avez pas pensé, mais c’est bien de votre âge et excusable, semble-t-il ajouter, je ne vous ai pas entendu évoquer, vous n’avez pas pensé…. tout bonnement… vous n’avez pas pensé…. eh bien, tout simplement, à la réalité. Et si ce que nous a dit cet homme, ce brave homme, était vrai, après tout? Il peut très bien être mal tombé, avoir pour voisins des gens épouvantables qui le persécutent réellement. Qu’en savons nous après tout? Ce serait à l’enquête de police d’éclaircir ce point, et ce n’est pas là notre métier, cela excède nos compétences de médecins. Et si nous le déclarions délirant à tort? N’oubliez jamais le réel, mon jeune ami, jamais… Mais encore une fois, ce n’est là qu’un péché véniel sans doute. Je vous félicite pour votre présentation. À présent, vous pouvez regagner votre service, encore une fois je vous remercie ».

La petite flamme n’était donc pas diabolique mais divinement malicieuse. Point de Satan, mais l’espièglerie d’un homme de bien, taquinerie utile et nécessaire.

Je viens d’être gratifié d’une leçon magistrale que je n’oublierai jamais.

Leçon d’humilité et de simplicité.

Nos plus brillantes théories, et Dieu sait si Henri Ey était expert en la matière, nos savoirs les plus élaborés, viennent s’échouer sur les plages, les rochers, du réel, mer infinie. Nous venions de consacrer tout un après-midi et bien beaucoup d’efforts (« tant de peine et tant de plaisir », eût dit Michel Foucault) à mettre au jour et à théoriser quelque chose qui peut-être n’existait pas.

Nous avions peut-être importuné en pure perte un homme qui souffrait non point d’un délire systématisé chronique, mais de malveillance insigne, de maltraitance, de la part d’un entourage hostile. Un homme tout simplement malheureux, mais qui avait peut-être raison, et nous tort, qui ne délirait peut-être pas du tout, mais nous renvoyait à notre propre délire interprétatif, et qui, de plus, serait interné à tort.

Merci, Monsieur le Professeur. Merci Maître. Et merci au CREHEY.